La préparation est essentielle – La fièvre de l’audit commence souvent à monter plusieurs semaines, voire plusieurs mois, avant le début effectif de l’audit. Cette phase de préparation est cruciale pour le bon déroulement de l’audit lui-même et comprend notamment l’identification des lacunes potentielles, la préparation et la collecte de la documentation nécessaire, ainsi que la formation de tous les membres du personnel concernés susceptibles d’intervenir en tant que porte-parole. Les tournées quotidiennes de production organisées à cette occasion sont particulièrement intéressantes, car elles permettent au service d’assurance qualité d’être davantage présent dans l’environnement de production pendant la période pré-audit. L’objectif de ces tournées est d’identifier et d’éliminer les points sensibles en vue de l’audit ; allant des questions liées à l'entretien des locaux, telles que les dommages aux murs, plafonds ou portes, jusqu'à la discussion avec les opérateurs concernant leur comportement aseptique et le port de la blouse, en passant par la correction de la documentation non contrôlée ou incomplète (notamment les registres) et la vérification des machines et des équipements.
Par ailleurs, il est recommandé, avant l’inspection, d’effectuer une analyse des tendances concernant les incidents de qualité récurrents et sensibles à l’audit survenus ces dernières années. Cela permet de préparer brièvement ces sujets à l’avance, par exemple en suivant le principe « 5 minutes – 5 diapositives », afin de ne plus avoir à le faire dans l’agitation de l’audit lui-même.
Que le spectacle commence – Malgré des semaines de préparation minutieuse, tout le monde est sur les nerfs au début de l’audit. Au cours du ou des premiers jours, les auditeurs bénéficieront d’une visite guidée physique au sein de l’organisation, allant des services de production aux laboratoires de contrôle qualité en passant par les entrepôts, et porteront une attention particulière à l’ordre et à la propreté des lieux, à la documentation, aux équipements, aux flux de processus, aux actions des opérateurs, etc. Ils feront part sur-le-champ de leurs questions et remarques, qui pourront donner lieu à des demandes si des informations complémentaires sont nécessaires ; ces demandes doivent ensuite être transmises le plus rapidement possible au service administratif afin que les experts concernés puissent commencer à y répondre.
Bien que cette visite guidée se déroule généralement en présence de la direction, vous pouvez, en tant que consultant AQ, y jouer un rôle important en tant que « sweeper ». L’objectif de cette « balayage » est de devancer d’une dizaine de minutes le tour d’audit proprement dit et d’effectuer une dernière vérification des zones concernées. Par ailleurs, des demandes surgiront également après l’examen de la documentation. On vous demandera par exemple une liste des incidents de qualité, mais aussi des rapports/protocoles de qualification et de validation, des dossiers de lots, des dossiers de réclamations, les procédures opérationnelles standard (SOP), les registres, les fichiers maîtres du site, les dossiers d’enregistrement, les rapports d’audit précédents, etc. Tout document lié aux BPF peut donc faire l’objet de l’audit. C’est pourquoi il est important que tous ces documents soient constamment tenus à jour et que les GDP soient dûment remplis.
Backroom vs. frontroom – Toutes les demandes sont ensuite regroupées dans la « backroom », d’où elles sont transmises aux différents porte-parole. Cette « backroom » est le cœur battant de l’audit et a pour objectif de garantir que tout se déroule le plus harmonieusement possible dans la « frontroom ». Il est toutefois impossible d’établir un planning fixe à l’avance, car c’est l’auditeur lui-même qui détermine quelles demandes il va effectivement aborder. Il est donc essentiel que chaque porte-parole prépare sa demande le plus rapidement possible et soit à tout moment prêt à la présenter à l’auditeur dans la salle principale. En cas de doute ou s’il s’agit d’une première expérience d’audit, il est judicieux de faire examiner votre demande par un collègue ou un responsable. Sur la base des commentaires et des questions reçus, des lacunes pourront éventuellement être identifiées et comblées avant que vous ne vous rendiez dans la salle d’audit.
Alors que le chaos règne souvent dans la salle arrière, la salle principale est le calme incarné. Outre l’auditeur, on y trouve également un animateur et un secrétaire qui assurent la communication entre la salle principale et la salle arrière. Avant de commencer votre présentation, présentez-vous brièvement ainsi que votre rôle au sein de l’organisation, puis passez à l’exposé de la demande proprement dite. Bien qu’aucun conseil ne puisse garantir une évaluation positive de la part de l’auditeur, il existe toutefois un certain nombre de choses à faire et à ne pas faire :
À faire :
- Prenez toujours le temps de bien comprendre la question de l’auditeur afin d’éviter de répondre à côté du sujet. N’hésitez donc pas à demander des précisions si la question posée n’est pas claire ou est trop générale.
- Préparez-vous minutieusement et veillez à pouvoir présenter rapidement toute la documentation nécessaire. Apportez des copies papier des procédures et rapports concernés et assurez-vous d’être déjà connecté aux logiciels requis sur votre ordinateur.
- Répondez de manière concise mais exhaustive, sans informations superflues ni détails inutiles. Plus vous partagez d’informations avec l’auditeur, plus il risque de vous poser de questions supplémentaires.
- Communiquez de manière calme et assurée. Compte tenu de votre préparation minutieuse, c’est vous qui êtes l’expert du sujet en question.
- Donnez des faits, pas d’opinions ni d’hypothèses. Basez toujours votre réponse sur les procédures, la documentation et les processus existants. Si vous ne connaissez pas la réponse, indiquez honnêtement que vous devez approfondir la question et que vous y reviendrez ultérieurement.
- Partez du principe que l’auditeur n’est pas un expert du produit ou du processus en question. Veillez donc à toujours fournir suffisamment d’informations contextuelles.
À ne pas faire :
- N’utilisez pas de formulations qui vous font paraître incertain, telles que « je pense », « en temps normal », etc.
- Évitez les discussions avec l’auditeur. Si vous n’êtes pas d’accord, vous pouvez toujours faire part de vos préoccupations à l’équipe en coulisses, après quoi des mesures supplémentaires pourront éventuellement être prises en concertation avec la direction.
- Ne remettez pas en cause devant l’auditeur l’exactitude des informations fournies par un collègue de la salle principale. Si nécessaire, ces informations pourront être corrigées ultérieurement.
- Ne faites pas de conversation informelle avec l’auditeur, en particulier sur des sujets liés à l’audit. En effet, pendant l’audit, rien n’est « hors micro ».
- Désactivez toutes les notifications, notamment celles de Teams et des e-mails, afin qu’aucune fenêtre contextuelle n’apparaisse pendant votre présentation dans la salle principale. Permettre à l’auditeur d’avoir accès aux messages envoyés depuis la salle arrière est la recette du désastre.
Aucun blog ni guide ne peut rivaliser avec l’expérience acquise lors d’audits pratiques en situation réelle, mais j’espère que l’exposé ci-dessus sur le déroulement de l’audit, ainsi que les conseils et astuces fournis, vous mettront sur la bonne voie pour votre premier audit. N’hésitez toutefois pas à me contacter, moi-même ou l’un de mes collègues chez Farma Consulting & Partners, pour toute question supplémentaire relative à l’audit.
Auteur : Jonas Van Dingenen – Consultant en assurance qualité
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